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 Le Parkour: Art ? Science ?
Proposé par Anthony le Dimanche, 23 Décembre 2007
Le Parkour: Art ? Science ?
Pour qualifier le Parkour, j'entends régulièrement parler d'"art du déplacement" et dans une moindre mesure, de "science du franchissement". Bien que la première notion représente pour certains une dérive du Parkour, qu'ils qualifieraient aujourd'hui de "Freerunning", ces deux appellations ne sont pas anodines. On pourrait alors s'interroger sur les sources de notre pratique. Outre l'aspect sportif évident, peut-on considérer que le Parkour dégage des aspects artistiques et (ou) scientifiques ? Si oui, dans quelles mesures peut-on parler d'art, de science ? J'exposerai dans un premier temps, les arguments qui jouent en faveur de l'art, puis dans un second temps, les éléments qui mettent en avant le côté scientifique du Parkour.
A première vue, l'art s'oppose totalement au Parkour.
En effet, l'art n'est pas utilitaire, cela ne sert
pas, à la différence du Parkour qui recherche l'efficacité, l'utilité.
Pour certains, il ne représente aucun intérêt, car c'est vrai, hormis
une satisfaction personnelle, l'art ne témoigne pas d'une grande
utilité à la société. Cependant, comme le précise de manière amusante
Stéphane Mallarmé, " La plus grande utilité de l'art est d'être
inutile". L'art revêt donc une apparence utile, notamment avec son côté
philosophique: mis à part les valeurs esthétiques qu'il véhicule, l'art
peut avoir une valeur philosophique dans le sens où l'artiste, peut
énoncer des vérités. Et c'est ici que l'art coïncide avec le Parkour
car l'artiste peut émettre des vérités sur: * le monde dans lequel il
vit * la relation de l'Homme à la nature * l'Homme lui-même
Ces trois propositions sont intimement liées à
notre discipline, puisque le traceur attache de l'importance au monde
qui l'entoure, est proche de la nature, et dégage des valeurs humaines.
Mais passé l'aspect philosophique (qui est
plutôt abstrait), l'art comme on l'entend au sens contemporain dégage
des points communs avec le Parkour. Par définition, l'art se
caractérise par la création. Ainsi, tel le traceur qui crée son chemin,
sa technique, ses mouvements, l'artiste crée son œuvre. Création qui
d'ailleurs n'a point de limites, tant qu'il y a de l'imagination. Tout
comme en Parkour où il existe une infinité de mouvements, accentuée par
la diversité de l'environnement dans lequel nous pratiquons.
L'une des principales caractéristiques de
l'art reste la recherche de l'esthétique. Sur ce point, le Parkour
semble s'y opposer puisque la recherche du "Beau" n'en est pas le but
essentiel. Cependant, peut-on nier le côté esthétique du Parkour
lorsqu'on voit l'aisance et la fluidité que possèdent les très bons
traceurs ? Il me semble donc que si l'esthétique n'est pas recherchée,
l'efficacité implique involontairement cette notion.
Plus généralement, le Parkour prend ses
sources dans la Méthode naturelle de Georges Hébert. Celui-ci élabore
les dix groupes fondamentaux de sa théorie: la marche, la course, le
saut, la quadrupédie, l'équilibre, la natation, le lever, le lancer, le
grimper et la défense. La défense n'est autre que la pratique des arts
martiaux. Le Parkour est ainsi intimement proche de l'art, dans la
mesure où l'art martial est une base de la Méthode naturelle.
De par leurs objectifs, le Parkour et l'art
présentent donc des divergences importantes mais sans le vouloir, le
Parkour induit un côté artistique.
Contrairement à l'idée que pourraient se faire
certains élèves allergiques aux formules mathématiques, la science ne
se résume pas aux équations ou autres calculs physiques. En effet, la
science touche un domaine plus large: en dehors des sciences formelles
(algèbre, géométrie...), il existe des sciences de la nature
(agronomie, biologie...) ou encore des sciences humaines (psychologie,
sociologie...). Mais quelle que soit sa nature, la science se base sur
l'observation de faits, et s'établit par des déductions et selon des
méthodes très précises.
L'acquisition de connaissances se fait donc
par l'observation. Et c'est ici que l'on peut raccrocher le Parkour à
son côté scientifique: la Méthode naturelle de Georges Hébert s'est
notamment fondée sur l'observation des Indigènes. Mais à l'heure
actuelle, quel traceur peut affirmer n'avoir jamais analyser les
techniques des autres ? Qui n'a jamais décrypté les vidéos d'autres
pratiquants pour progresser ? Telle une science, le Parkour passe donc
inéluctablement par l'observation.
L'exactitude de la science repose sur
l'adoption d'une méthode rigoureuse. Ainsi, la rigueur de
l'entrainement du bon traceur peut s'apparenter à la démarche du
scientifique. Le Parkour nécessite une pratique sérieuse, régulière,
méthodique et rigoureuse. Sans cela, il n'y a pas de progrès. Le
progrès scientifique est comparable à l'évolution du traceur, dans la
mesure où dans les deux cas, il découle d'une pratique méthodique.
De manière plus indirecte et moins concrète,
le Parkour, comme tout autre sport qui veut se voir évoluer, implique
des notions scientifiques, notamment dans les domaines améliorant les
performances. Par exemple, une meilleure connaissance en physionomie,
en anatomie, en nutrition ou encore sur l'entrainement et sur ses
effets (quelques notions parmi tant d'autres...) permettra au traceur
d'orienter son entrainement comme il le souhaite. Par conséquent, les
connaissances scientifiques sont propices à un entrainement plus
efficace pour le traceur, et pour le sportif en général.
Cependant, à l'instar des autres sciences, le
Parkour n'est pas une science exacte. C'est parce que chacun d'entre
nous est différent, parce que chacun n'a pas les mêmes capacités, ni
les mêmes motivations, qu'il est impossible de dégager des principes
généraux qui s'appliqueraient à tous.
C'est donc dans leurs méthodes, dans leurs démarches, que le Parkour et la science trouvent leurs points communs.
En conclusion, le Parkour dégage des aspects
artistiques et scientifiques plus ou moins prononcés. Mais ces
ressemblances sont symboliques compte tenu du nombre considérable
d'oppositions qu'il existe entre le Parkour et l'art, entre le Parkour
et la science. Selon la conception que chacun se fait du Parkour, les
prises de positions seront différentes, libre à vous de vous faire
votre opinion. Il reste toutefois indéniable que notre discipline est
avant tout un sport, un sport exceptionnel, qui dégage des valeurs
humaines devenues si rares de nos jours. C'est pourquoi chacun de nous
doit prendre soin de l'image qu'il donne du Parkour. Chacun de nous a
un devoir de respect envers cette discipline, alors évitons de la
bafouer et faisons lui honneur.
Anthony
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Le Parkour: Art ? Science ?
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| adam * a écrit : le 28.10.2009 12:09: |
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je vais pas te faire un long commentaire mais le parkour et bel et bien un art tout comme les arts martiaux, mais à ce moment là est ce que l'art ne serait pas la recherche de l'efficacité?
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| rerem2 a écrit : le 14.08.2009 09:03: |
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pour moi le parkour et un art car je suis a la recherche de la fluidité qui amène a un meilleur amortis et métrise et qui rend les mouvements beaucoup plus beau et rapide .
je pensse que l' on peut aussi le califier de science car nous repoussons les limite du corps humain et nous regardons jusqu'on il peut aller .
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| kalamitus a écrit : le 21.07.2008 21:11: |
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Je pense que le parkour est un mélange de tout ça. Sport, art, science, philosophie ? Personne ne peut vraiment affirmer sa nature. Chacun le décrit comme il le ressent. On ne peut pas lui donner une unique définition. Et pour ma part, je pense que parkour, freeruning, art du déplacement (...) ne sont que le même sport sous des apellations différentes.
peace
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| David a écrit : le 18.02.2008 11:33: |
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Et si le parkour était simplement un sentiment ?
À méditer...
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| Izaac a écrit : le 11.02.2008 15:23: |
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L'aikido, le ju-jitsu, le judo, le karate et tous les arts martiaux en général sont qualifiés, à leur état originel, de techniques de défense. Techniques. Je dirais qu'à ce même titre, on peut qualifier le Parkour de technique de déplacement, si j'en crois la définition que je me suis posée, à savoir "ensemble de techniques qui permet de se déplacer d'un point A à un point B le plus efficacement possible". Le Parkour n'est pas un art parce qu'il ne cherche pas à représenter le beau. A la limite, le free-running pourrait s'en charger. Puique je définis comme "ensemble de techniques" le Parkour, je pense qu'on peut aussi parler d'une science du Parkour, qui cherche à optimiser les mouvements, le corps, les cas envisagés dans la rue, de manière à rester toujours le plus efficace possible dans son "traçage". Voilà donc mon point de vue. Art, surtout pas, science, oui.
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| BaBaR a écrit : le 27.12.2007 16:05: |
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Pour tracer j'entends se déplacer sans arrèt une sorte de rush si tu préfère même si je n'aime pas ce mot. Apres je suis d'accord aussi avec toi. Aprés science ou apprentissage c'est commun.
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| Anthony a écrit : le 26.12.2007 11:55: |
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Je précise que dans mon article, je n'ai pas comparé le Parkour et l'art et le Parkour et la science. J'en ai seulement fait ressortir les points communs plus ou moins évidents. Comparer aurait consisté à en dégager les points communs mais aussi les différences. Le but de cet article est simplement de comprendre quels sont les fondements, les origines de ces 2 appellations. Ensuite, je suis en partie d'accord avec le propos de BaBaR mais j'ai du mal à saisir la distinction entre l'entraînement et la pratique du Parkour. Je ne comprends pas ce que tu entends par "tracer". Peut-être est-ce le fait de mettre en application son apprentissage dans une situation d'urgence... ? Parce qu'en ce qui me concerne, mon apprentissage (en particulier sur les nouveaux mouvements) s'apparente à une science. D'abord analyser tous les éléments dont je vais me servir (ex: adhérence, position des mains, des pieds...) afin de n'avoir aucune surprise pendant l'exécution du mouvement. Puis essayer le mouvement progressivement (voire sur un autre obstacle quasi identique). Et enfin après plusieurs observations, expérimentations et conclusions, le mouvement est amélioré. Pour le reste de ton commentaire, je suis d'accord :-)
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| BaBaR a écrit : le 24.12.2007 19:14: |
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Tout est mélangé. L'art du déplacement est juste une autre appellation du parkour. Des personnes comme les Yamakasis ou les adrénalines ne pouvent pas utiliser le mot "parkour" publiquement et on tout simplement utiliser art du déplacement, pourquoi ce nom ? seul eux le sachent. C'est le même principe pour freerunning, qui est juste la traduction Anglais de parkour. Pour des raisons financières, EZ a pris le controle du freeruning, oui ca rapport. C'est à ce moment là qu'il ya eu la guerre parkour VS Freerun. Ca a créer un schisme, des deux, et pour faire la différence, l'un se base sur l'esthétique, avec des accrobaties et l'autre sur un mouvement efficace sans acrobaties. La méthode naturelle de G. Hébert n'est pas un mode de déplacement, à ne pas confondre, c'est une méthode d'entrainement ou d'apprentissage permettant de retrouver les fonctions primaires du corps. Science du franchissement, vous en pensez quoi ? Une science est réfléchi, observation, hypothèse, expérimentation, conclusion; Nous ne resonnons pas comme ça quand nous traçons bien au contraire, c'est notre instinct, nos sens qui nous régient. Donc ces mots peuvent refléter un aspect de l'apprentissage d'un traceur mais en aucun cas sa mentalité. Le parkour nous fait utiliser l'instinct, les sens, des notions primaires du corps, des aptitudes que le corps n'a plus besoin d'utiliser dans notre société actuelle. C'est pour cela que l'on cherche à savoir, à exprimer ces choses que l'homme à oublier, voir effacer. Ne confondez pas l'entrainement, l'apprentissage avec tracer ou pratiquer le parkour. Quand tu t'entraine, tu ne traces pas forcément, tu habitue ton corps à un mouvement, tu le renforces... Quand tu apprends tu observe, tu expérimentes... mais en aucun cas tu traces. L'art du déplacment, le freerun ou le parkour sont lié, ils sont juste parti du mot " se déplacer" aprés ce n'est que la vision des gens qui est différente. Et ca a juste créer des differénces. Peu importe le nom, souvenez vous du but premier se déplacer librement. Ca ne sert à rien de vouloir une explication sur un besoin naturel. Certaines parti du cerveau resteront à jamais un secret.
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| dax-83 a écrit : le 23.12.2007 18:38: |
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Personellement, comme je t'ais dis sur msn: Pour moi Parkour, c'est innéxplicable. On ne peux pas dire: "C'est un art", "C'est un sport", "C'est une science", ou autre... Pour moi le Parkour est un mélange de tout ca. Je ne vois pas pourquoi on devrai califier le Parkour. Pour moi le Parkour c'est ni un sport, ni un art, ni une science. Pour moi le Parkour c'est ... LE PARKOUR ! (en éspérant avoir été compris ^^)
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